Ils lui rendent hommage

BALTA Bérénice

La critique de Bérénice Balta - Balta Juillet-août 2006 - N°346

Rendons, ici, hommage au cinéaste Henri Duparc, décédé le 18 avril à Paris à l´âge de 64 ans. Ce qui est bien trop tôt pour n´importe quel homme que l´on aime, plus encore lorsque c´est un artiste de sa trempe. Lunettes calées sur le haut du crâne un peu dégarni, oeil vif, allure décontractée mais chic et, surtout, surtout, bonne humeur communicative. Henri Duparc était avant tout un passionné de cinéma. Cet Art, il l´étudiera d´abord à Belgrade, en Yougoslavie, au début des années 1960, avant d´approfondir ses connaissances à Paris, à l´IDHEC, Institut des hautes études cinématographiques, devenu la Fémis. Après ce mini–tour européen et studieux, ce franco–guinéen, né le 23 décembre 1941 à Forécariah (ex–Guinée française), ne rentre pas dans son pays natal, en 1967, mais choisit la Côte d´Ivoire comme patrie d´adoption. C´est là qu´il se mariera, que ses trois filles grandiront et qu´il réalise ses premiers films, des documentaires, des courts et moyens–métrages, institutionnels, économiques ou touristiques.

Son premier long–métrage de fiction, Abusuan, en 1972, est teinté d´autobiographie. Il raconte le retour au pays, après des études en Europe, d´un jeune architecte qui se retrouve confronté, avec son épouse, aux exigences de la famille traditionnelle africaine. Bonheur ! Le film rencontre un énorme succès dans les salles et fait le bonheur des festivals internationaux qui présentent des films africains. Henri Duparc, convaincu que, malgré les difficultés, les choses sont possibles en Afrique, enchaîne projets sur projets et déborde d´idées qu´il cherchera toujours à concrétiser. Il tourne des films, pour la télévision, le cinéma, parfois alimentaires c´est vrai, mais c´est ce qui lui permet de faire « bouillir la marmite » de sa société de production, Focale 13, installée à Abidjan et qui permet aussi à d´autres réalisateurs de s´exprimer. Henri Duparc dirigera une salle de standing de plus de six cents places dans la capitale ivoirienne, durant près de quatre ans, Le Pharaon, où il offre au public des cycles consacrés à Jean Gabin ou à Louis de Funès.

Mais la dévaluation du franc CFA, en 1994, aura raison de ses finances et Le Pharaon ferme ses portes. Qu´à cela ne tienne, Henri Duparc rebondit une fois encore. Depuis le triomphe, en France, en Belgique, au Québec et en Afrique bien sûr, de Bal poussière en 1989 (un homme, qui a cinq femmes, décide d´en épouser une sixième, une pour chaque jour de la semaine, et de les mettre en compétition pour savoir qui aura droit au dimanche), il est quasiment devenu un cinéaste culte. Le Sixième doigt, Rue princesse, Une couleur café, Caramel, trouveront, quasiment à chaque fois, le coeur du public. Tournés en français et en langue vernaculaire, ses films parlent de l´Afrique d´aujourd´hui, de ses espoirs, de ses contradictions, de ses femmes et hommes plein d´inventivité, d´humour aussi. Il n´hésite pas, non plus, à parler de sexe...

En projet, Henri Duparc avait une adaptation de La puce à l´oreille de Georges Feydeau et un scénario au titre explicite, La grève du lit. La mort ne lui aura pas laissé le temps de mener à bien toutes ces aventures. C´est sûr , Henri Duparc va manquer au cinéma mondial en général et africain en particulier. Seule consolation, il va, peut–être, rejoindre là–haut l´un de ses maîtres, Federico Fellini, lui aussi grand amateur de cinéma et de femmes devant l´éternel.







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